Pour comprendre les turbulences qui agitent la Charente-Maritime, il faut remonter au vote du Conseil départemental sur la tête de liste : il donna Alexis Blanc (président du MoDem 17) majoritaire avec 37 voix, contre Elisabeth Delorme (déléguée départementale du 17), qui obtint alors 23 voix.

Malgré tout, François Bayrou décida de nommer cette dernière tête de liste départementale. Un blog local revient de manière assez complète sur l'ambigüité de cette situation :

"Bien sûr, nous avons une déléguée départementale qui est le lien avec Paris. Une déléguée départementale qui est partie prenante dans cette élection ne peut être neutre.

[...] Même avec le seul nom d'Alexis [Blanc] sur le papier, je ne trouve pas cela démocratique [...]. Mais au moins, il a été élu au sein des instances départementales comme le meilleur choix possible."

Face à ce mode de désignation, et à l'appréhension d'un mauvais score dans cette région due au manque de moyens financiers, Alexis Blanc a considéré "honnête" que l'offre de Ségolène Royal, à savoir 5 candidats éligibles.

Ce qui valut à Alexis Blanc l'appellation de "traître" de la part du siège national, ce qu'il n'a guère apprécié : "le score que j’ai obtenu aux dernières élections législatives de 2007 contribue au financement public actuel du mouvement, et ce jusqu’en 2012", ou encore "je finance de ma poche [...] la permanence du Mouvement Démocrate de Charente-Maritime", peut-on lire dans une lettre envoyée aux adhérents le 2 janvier.

Lors de sa venue en Poitou-Charentes à l'issue de laquelle il avait déclaré "Il n'y a plus d'ambigüité", François Bayrou a en effet organisé un plébiscite, mais sur la vague question "Voulez-vous un parti fort ?"(Sud-Ouest, article du 13 janvier).

De plus, il n'a éclairci aucun des problèmes soulevés par l'autonomie de premier tour : question des moyens financiers, têtes de listes départementales, etc. "Les points de blocage ne sont pas réglés", avait déclaré M. Blanc ce jour-là.

Depuis aujourd'hui, l'affaire prend une dimension nationale : Le Point titre cette après-midi "L'homme qui défie François Bayrou".

"La source de ces problèmes est simple : F. Bayrou refuse la démocratie interne et il ne nous met pas dans une situation nous permettant de faire un bon score. Nous avons le sentiment d'être méprisés", écrivait Sébastien Bourbigot, Secrétaire général de la fédération des élus démocrates de Charente-Maritime, le 10 janvier à la rédaction d'E&R.

Dans ces conditions, le ralliement de certains élus à Ségolène Royal, malgré la pression de François Bayrou pour l'autonomie, s'explique autrement que par un simple opportunisme. Toujours selon M. Bourbigot, cette offre "mérite une reflexion, approfondie".